Sécurité incendie: un résumé des questions prioritaires

14 mars 2016

Les exigences en matière de sécurité incendie sont fixées dans l’A.R. «normes de base pour la prévention des incendies et des explosions" et dans une série de règlements supplémentaires en fonction du type de bâtiment.

Le 19 et le 26 janvier, Protect a organisé deux soirées d'informations à propos de la sécurité incendie.
Les orateurs étaient M. Christophe Roelandt (directeur Protect), M. Sven Eeckhout (ing. senior conseiller principal CSTC) et M. Yves Martin (ir. Chef de département CSTC).

Ci-dessous, vous pouvez lire un résumé des questions qui ont été discutées.

 
 

Sécurité incendie des bâtiments : théorie et pratique

 

À l’occasion du séminaire consacré à la sécurité incendie des bâtiments qui était organisé à Gand et à Malines, nous nous sommes arrêtés un instant sur le cadre législatif, pour ensuite aborder dans le volet pratique l’installation correcte de traversées et portes résistant au feu. Pour terminer, nous avons également parlé des cloisons de compartimentage dans les bâtiments industriels et des manières d’éviter la propagation du feu par les façades.

 
 

Cadre législatif


La réglementation belge en matière de sécurité incendie est morcelée entre différents niveaux de pouvoir. Le Service public fédéral (SPF) Intérieur est par exemple compétent pour la réglementation de base relative à la sécurité incendie des bâtiments. Les différentes communautés et régions peuvent compléter cette réglementation de base en y ajoutant des réglementations propres pour lesquelles elles sont spécifiquement compétentes. La Communauté française a par exemple élaboré une réglementation spécifique pour les infrastructures pour personnes âgées, qui ajoute des exigences spécifiques à l’arrêté royal « Normes de base ». Un aperçu de la législation est présenté sur le site Internet de l’Antenne Normes « Prévention du feu » (www.normes.be) et sur www.besafe.be.

Normalement, chaque concept de bâtiment doit être conforme à la réglementation en vigueur. Lorsque le concept s’écarte en certains points de la réglementation, une dérogation peut éventuellement être demandée. Une demande de dérogation doit pour ce faire être introduite auprès de l’instance compétente pour cette législation. Il va de soi qu’il faudra prouver que pour les points qui ne satisfont pas à la réglementation, un niveau de sécurité équivalent est atteint à travers la prise de mesures additionnelles en matière de prévention du feu.



Traversées et portes résistant au feu

brandveiligheid
Partant d’un grand nombre d’exemples tirés de la pratique, quelques erreurs fréquentes commises dans le cadre de la réalisation de traversées et du placement de portes résistant au feu (voir photo) ont été abordées. La législation stipule que la traversée de conduites et les autres affaiblissements ne peuvent pas affecter la résistance au feu de la paroi. Autrement dit, il faudra prendre à hauteur des traversées et autres affaiblissement de parois résistant au feu des mesures visant à éviter la propagation du feu à un compartiment adjacent. Pour les traversées de conduites, on peut recourir aux solutions-types décrites à l’annexe 7 de l’arrêté royal « Normes de base », pour lesquelles aucun document de classification ne doit être présenté. Il est important de noter à cet égard que ces solutions peuvent exclusivement être appliquées si le cas concret relève du champ d’application (traversée simple, diamètre maximum des conduites, …) de la solution-type. Si l’on se trouve en dehors du champ d’application des solutions-types, il faudra recourir à un dispositif résistant au feu spécifique. On se basera pour ce faire sur la Note d’information technique 254 « Obturation résistant au feu des traversées de parois résistant au feu – Prescriptions et mise en œuvre », qui contient une centaine de fiches reprenant les principaux points d’attention pour l’installation correcte de traversées de parois résistant au feu (voir l’exemple ci-dessous issu de la fiche 3.1 Obturation résistant au feu des traversées de conduites inflammables dans des parois légères résistant au feu au moyen de manchettes résistant au feu).

 

sécurité incendie

  1. Paroi de séparation légère 
  2. Conduite inflammable 
  3. Évidement et jeu autour de la conduite
  4. Obturation autour de la conduite
  5. Fixation de la manchette résistant au feu
  6. Manchettes résistant au feu 
  7. Construction en suspension de la conduite

Pour les portes résistant au feu, il a également été question, en marge du placement correct qui a été expliqué à partir de la Note d’information technique 234 « Le placement des portes résistant au feu », de l’exigence EI1 en Belgique.

 
 

Propagation du feu par les façades


L’arrêté royal « Normes de base » du 12 juillet 2012 définit également des exigences visant à éviter la propagation du feu par les façades. C’est ainsi qu’il convient d’une part d’éviter que le feu ne se propage par l’intérieur et l’extérieur des façades. Pour éviter la propagation du feu par l’intérieur, la liaison des sols de compartiment avec la façade doit présenter au moins une résistance au feu EI 60. Si ce joint fait moins de 20 mm, il pourra pour les bâtiments d’une hauteur limitée être obturé avec un produit déformable (joint souple). Pour éviter la propagation du feu par l’extérieur dans les bâtiments de hauteur moyenne ou élevée (pas d’exigences pour les bâtiments bas), l’une des mesures suivantes peut être mise en œuvre:

  • soit on prévoit un élément de façade étanche aux flammes E 60 d’une longueur minimale déployée de 1 m à hauteur du sol de compartiment.
  • soit on prévoit une façade étanche aux flammes E 30 sur toute la hauteur du bâtiment.
  • soit on prévoit une façade étanche aux flammes E 60 un niveau sur deux.
  • soit on équipe tous les compartiments situés le long de la façade d’installations automatiques d’extinction par pulvérisation d’eau.

Le séminaire a approfondi le cas de l’élément de façade étanche aux flammes E60 , pour lequel une solution testée a été développée dans le cadre du projet DO-IT Ossature bois (voir illustration suivante).

 sécurité incendie

 

  1. Laine de roche de 190 mm d’épaisseur (densité minimale : 45 kg/m²) 
  2. Laine de roche (densité minimale : 45 kg/m² ; compression : 20 %) 
  3. Laine de roche sur toute l’épaisseur de la dalle de sol (min. 150 mm) (densité minimale : 45 kg/m² ; compression : 20 %) 
  4. Panneau d’aggloméré 
  5. Membrane d’étanchéité 
  6. Ancres en acier (par-dessus le sol)
  7. Vis dans le panneau d’aggloméré 
  8. Cheville 
  9. Dalle de sol 
  10. Couche d’isolation acoustique (bruit de contact) 

 
 

Parois de compartimentage dans les bâtiments industriels

 

Pour terminer, il a été question de la Note d’information technique 256 « Conception et réalisation de bâtiments industriels en conformité avec les exigences de sécurité incendie », et plus spécifiquement de la réalisation et de la conception des parois de compartimentage destinées aux bâtiments industriels. La résistance au feu des parois de compartimentage (c’est-à-dire toutes les parois horizontales et verticales séparant deux compartiments) doit être au moins de EI 60 pour la classe A et EI 120 pour les classes B et C. Si plusieurs prescriptions de l’arrêté royal s’appliquent à un élément, il convient de prendre en compte les exigences les plus rigoureuses pour les parties communes. C’est par exemple le cas pour un bâtiment composé de deux compartiments dont le premier relève de l’annexe 2, et le deuxième de l’annexe 6 de l’arrêté royal « Normes de base ».

La liaison entre la paroi de compartimentage et le toit ou la façade doit être conçue de manière à limiter le risque de propagation des flammes et de la fumée au compartiment adjacent. À cette fin, il est proposé à l’annexe 6 de faire dépasser la paroi de compartimentage 1 m au-dessus du toit ou de 50 cm par rapport au plan de façade.

Il existe trois typologies pour les parois de compartimentage:

  • dédoublement de la paroi de compartimentage et de la structure portante. Les deux parois sont indépendantes l’une de l’autre, sont fixées à leur propre structure portante et présentent chacune la résistance au feu requise (EI 60 ou EI 120). La paroi exposée au feu peut céder étant donné que la deuxième paroi est soutenue par la structure portante restée froide du côté non exposé.
  • paroi de compartimentage simple avec structure portante dédoublée. Il s’agit ici d’une paroi simple fixée au moyen d’ancrages fusibles à une structure portante en acier se trouvant de part et d’autre de la paroi. Les ancrages fusibles font que la structure portante se détache de la paroi du côté exposé. De cette manière, la paroi reste soutenue par la structure portante se trouvant du côté « froid » et il n’y a aucun risque d’effondrement.
  • paroi de compartimentage simple avec structure portante simple. Il s’agit ici généralement d’une structure portante en béton ou en acier protégé, ce qui signifie que la résistance au feu est suffisante (R 60 ou R 120, selon les exigences imposées pour la paroi de compartimentage).


Sven Eeckhout
ing. senior conseiller principal CSTC

 

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